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HEROUVILLE SAINT-CLAIR
COLLEGE-LYCEE EXPERIMENTAL

Fiche projet

     

 

Au début des années 80, dans la région de Caen, un petit groupe d’enseignants se réunit pour repenser l’école, réfléchir ensemble aux multiples possibles de l’enseignement.

 

 
             

De débats en réflexions, l’équipe pédagogique s’organise autour d’une même volonté : enseigner autrement ; elle élabore une nouvelle pédagogie qui donne envie d’apprendre, qui éduque à l’autonomie et responsabilise.

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Puis, le ministère de l'Education Nationale lance un programme de quatre lycées publics expérimentaux à Saint-Georges d’Oléron - Poitiers à Saint-Nazaire et à Paris qui permet au projet éducatif caennais
d'aboutir : le Collège Lycée Expérimental ouvre ses portes à la rentrée 82.

 

Dès 1988, le CLE doit s’agrandir, l’équipe propose un projet d’extension accepté par les autorités en 1993 ; c’est à Hérouville-saint-Clair, dans la banlieue de Caen, cité nouvelle des années 60 à laquelle son maire, M. Geindre, féru d’architecture, se préoccupe de donner une identité, que le site d’une petite école de quartier est choisi pour ce faire. A la municipalité d’Hérouville de distinguer un aspirant à la construction d’un bâtiment qui soit à l’image de cette école pas comme les autres…

Sélectionnés sur dossier, les Ateliers Castro-Denissof rencontrent l’équipe de pédagogues passionnés ; dès lors confrontations d’idées, concertations et rêves de chacun s’apposent dans un projet-nuage qui s’élèvera bientôt vers le ciel.


 

 


Dans cette ville introvertie
dans un paisible quartier sans particularités ni âme, l’équipe Castro-Denisoff va s’attacher à inscrire un nouveau lieu de vie dans l’enceinte d’une ancienne petite école maternelle.
 
                 
 

A partir de là une histoire démarre, entre l’enthousiasme et l’investissement de l’équipe pédagogique, les hésitations, incompréhensions et même résistances du maître d’œuvre : la Région, parfois dépassée par ces professeurs hors du commun, trublions aussi exigeants qu’exaltés, et l’engagement d’une municipalité qui, bien que simplement demanderesse est conquise par un projet qui correspond à sa sensibilité, la petite école maternelle devient le théâtre de tiraillements, d’espoirs et de rebondissements.

 

 

Après une certaine confusion, et d’innombrables mais vivifiantes séances de concertation, montage du projet et programme de construction voient le jour.
 

Premièrement, l’accent est mis sur les espaces de déambulations, lieux de vie et d’échanges pour les élèves.
Le CLE est ainsi composé autour d’un système de
lieux : une grande cour centrale commune à tous les élèves qui donne sur les salles de sciences et les bureaux administratifs, et trois petites cours qui fédèrent les trois différents cycles d’enseignement. Dans ce système de patios, les vides sont aussi privilégiés, ils créent une forte perméabilité entre l’intérieur et l’extérieur par l’intermédiaire de longues galeries vitrées qui ordonnent la distribution des salles de cours.

 

Pour les architectes, il s’agit donc de jongler avec les consignes de maintenance et normes administratives particulièrement codifiées et les vœux qualitatifs des enseignants qui souhaitent plus d’espaces pour que les élèves communiquent ; il faut équilibrer la surface dite de gros-œuvre (place perdue, surface de circulation) et celle dite utile (salles de classe, d’équipements).

                   
 

D’autre part, une place très importante est également donnée à la cantine ; l’espace de restauration étant doublement considéré comme fondamental.
D’un point de vue spatial puisque lieu d’échanges et de retrouvailles entre élèves mais aussi professeurs (l’équipe enseignante expérimentale déjeune en effet en compagnie des élèves), mais aussi d’un point de vue temporel. Le déjeuner rythme la journée, il est décomposé en deux temps : un encas à 11h30 puis des cours de formation artistique (musique, théâtre, cinéma…) pour enfin se retrouver à nouveau autour de la partie consistante du repas à 13h30.

 

Ainsi, au sein du grand bâtiment qui abrite la cantine, sont également regroupés tous les points forts du CLE, tous les équipements communs du programme spécifique du projet pédagogique : le CDI, le hall d’accueil et les lieux d’enseignement artistique. Et c’est tout naturellement que ce bâtiment, le plus grand de tous, qui recèle les fondements et espoirs d’une pédagogie nouvelle, émerge de l’ensemble des patios, morceau de bravoure architecturale à l’entrée du bâtiment qui fait signal pour l’extérieur.

 
Pour ce faire, la petite école primitive est délicatement englobée, son intégration se faisant naturellement par l’échelle des nouveaux bâtiments. Puis, une fois les structures bâties, l’ensemble est revêtu d’une façade de bois massif, longs panneaux horizontaux de cèdre rouge qui donnent à l’ensemble du bâtiment un épiderme particulier, brut, clair et chaleureux.  

En 1995, dans ce petit quartier effacé, qui souffre d’une texture monotone, mornes enduits des années 60, surgit ainsi un bâtiment singulier qui se soulève et se montre et qui dégage aussi une odeur (insert audio track 35) autant qu’une personnalité. La matière, rustique, bienveillante, compense et apaise. Dès lors une identité est créée, les pieds bien ancrés au sol et la tête dans les nuages, tels les nuages de Magritte qui s’élèvent vers le ciel.

 
 
           
 
 
 
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